Des Mots et des Orgues...

Spectacle original pour récitant et orgue

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photos de Nadia El Hafidi


Des Mots et des Orgues... est un spectacle original pour récitant (Clément Riot) et orgue (Jean-Pierre Baston), à partir de poèmes de Léopold Sédar Senghor, Mahmoud Darwich et Rafael Alberti. Les oeuvres musicales sont de Alicia Diaz de la Fuente et Hermes Luaces-Feito. 

Le texte ci-dessous en est le descriptif. Voir aussi les liens.

 

Des Mots et des Orgues…
Pourquoi ?
 
 
« Pour grandes orgues ». Précision étonnante, qu’apporte Léopold Sédar Senghor, sous forme de sous-titre aux Prières de Paix. Tâche impérieuse, indispensable, cause ô combien noble que la paix. Ces « grands orgues » du poète, c’est peut-être un peu de tout cela.
Alors, nous l’avons pris au mot. A ce texte fort et universel, nous avons joint une œuvre pour orgue d’André Jolivet, des mêmes années, pièce de jeunesse, bien loin du Mandalabeaucoup plus tardif et avant-gardiste que les organistes connaissent.
Le récitant parle sur l’orgue,  en osmose avec lui. La musique apporte un contrepoint serein aux lourds reproches du poète « au cœur catholique ».
 
Senghor dédie symboliquement nombre de ses poèmes à des instruments de musique. Ainsi, on trouve, en exergue des Ethiopiques :  « pour flûtes d’orgue », et « pour orgue, et tam-tam au loin ». Aussi, il nous fallait continuer. Ce fut avec Alicia Diaz de la Fuente, compositrice, qui écrivit pour nous Les Prétemps du Monde, commande de la Ville de Bagnols sur Cèze en 2002.
 
Puis nous sommes allés vers un autre poète, Mahmoud Darwich.
 Dans Partition solo , celui-ci évoque notre interrogation première et l’impossibilité d’y répondre, travail de toute manière solitaire. Hermes Luaces-Feito a composé pour nous une musique qui, au moyen de l’orgue, fait une référence pertinente au chant sufi. Les sons enveloppent parfois les mots, et l’on ressent un peu de ce lyrisme oriental tout en nuances.
 
Senghor, Darwich, Alberti…  Alicia et Hermes…  la musique et les mots mêlés (« tout est musique, pour qui sait entendre », dit le percussionniste africain Dou Dou N’dian Rose)…
 
 
En quelque sorte,  Des Mots et des Orgues ? 
 

Des Mots et des Orgues…

Léopold Sédar Senghor…      Mahmoud Darwich…      Rafael Alberti

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Programme
 
Trois Souvenirs du ciel
                        (Poème de Rafael Alberti – Traduction en français de Clément Riot)
                        Création « Aujourd’hui Musiques » 2005              Hermes Luaces Feito
 
La Face de la Vérité                                                                                Alicia Diaz de la Fuente
                        (« Une Belle dans Sodome » de Mahmoud Darwich)
                        Création « Aujourd’hui Musiques » 2005 
 
Tres Recuerdos del cielo                                                              Hermes Luaces Feito
                        (Poème de Rafael Alberti – Langue originale)
                        Création « Aujourd’hui Musiques » 2005 
 
Le Nuage des rêveurs                                                               Alicia Diaz de la Fuente
                        (« Sécheresse » de Mahmoud Darwich)
                        Création « Aujourd’hui Musiques » 2005
 
Partition solo                                                                           Hermes Luaces Feito            
                        (Poème de Mahmoud Darwich)
                        Création à Lyon en juin 2005
 
Les Prétemps du monde                                                              Alicia Diaz de la Fuente
                        (Deux poèmes des « Ethiopiques » de Léopold Sédar Senghor)
                        Commande de la Ville de Bagnols sur Cèze, novembre 2002
 
Cinq Interludes pour orgue                                                 André Jolivet
(… avec les Prières de Paix, « pour grandes orgues », dit le poète Léopold Sédar Senghor).
 
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Citations

De Mille chansons j’ai tenté de naître (…)          

Tu as séparé ma voix de ma chanson.           

Aah si je trouvais, trouvais le tempo

Et partition solo.

Mahmoud Darwich

        
Brise mon cœur, qu’il s’effeuille en purs pétales de chant (…)
Couleur de l’Ave Maria sur les pierres portugaises du Fort
Et douceur de cannelle des vieilles berceuses,
et larmes d’enfance dans les mains planes.

Léopold Sédar Senghor

Quelques pistes pédagogiques…

pour préparer des élèves à l’écoute de ce concert.
 
Une collaboration avec une librairie (vitrine et ouvrages à la vente), et / ou une Médiathèque seraient souhaitable.
 
Partition solo, c’est l’interrogation sur le pourquoi de notre présence au monde, sur la question des origines. Le poète ( Darwich ) dit :
 
« Si je revenais un jour à ce qui fut : Trouverais-je
/Ce qui fut et ce qui sera ? 
Partition solo
 Et partition solo (…)
 
De mille chansons, j’ai tenté de naître
Entre cendre et océan.  Je n’ai pas trouvé
La mère qui fut la mère féconde,
 La mer s’éloigne
Et partition solo ».
 
A l’orgue, clusters, jeux de timbre ; évocation du chant sufi à chaque retour de : « Partition solo » (musique d’Hermes Luaces-Feito). 
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Senghor pose à sa manière le problème de la colonisation dans les Prières de Paix, (dédiées à Georges et Claude Pompidou), lui, sénégalais qui aimait tant la France :
 
« Seigneur Dieu, pardonne à l’Europe blanche !
Et il est vrai, Seigneur, que pendant quatre siècles de lumières
(…) les chrétiens, abjurant Ta lumière et la mansuétude de ton cœur
Ont éclairé leurs bivouacs avec leur parchemins (…)                  Prière II
 
Ah ! Seigneur, éloigne de ma mémoire la France qui n’est pas la France, ce masque de petitesse et de haine sur le visage de la France  (…)
_ mais je peux bien haïr le Mal
Car j’ai une grande faiblesse pour la France (…).                   Prière IV
 
O bénis ce peuple, Seigneur, qui cherche son propre visage sous le masque et a peine à le reconnaître  (….)
O bénis ce peuple qui rompt ses liens, bénis ce peuple aux abois qui fait front à la meute boulimique des puissants et des tortionnaires.
Et avec lui tous les peuples d’Europe, tous les peuples d’Asie tous les peuples d’Afrique et tous les peuples d’Amérique
Qui suent sang et souffrances. »                                                                         Prière V                   (Paris, janvier 1945)
 
Le pardon suppose la reconnaissance des fautes. La paix est une grande œuvre, d’où la référence aux « grandes orgues » du poète ?
En contrepoint, nous associons librement les Cinq Interludes d’André Jolivet, œuvre de jeunesse qui évoque Honegger… Il s’agit d’un cycle de pièces sans titres autres
qu’ « Interlude I, II »… Il s’en dégage un climat de naïveté sereine. En quelque sorte, la musique « dit » la paix… au-delà des reproches du poète, reproches nécessaires sans doute, mais qui, pour Léopold Senghor, ne sont pas une fin en soi. Tout au plus une condition.
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Les Prétemps du Monde :
 
Œuvre pour Récitant et Orgue d’Alicia Diaz de la Fuente, chaque interprète ayant en plus à sa disposition un djembé et un gong (Récitant), un gong seul (Organiste). Commande de la Ville de Bagnoles sur Cèze, donnée en cette ville le 29 novembre 2002 avec pour interprètes (à qui cette œuvre est dédiée) Clément Riot, Récitant, Jean-Pierre Baston, Orgue.
A partir de deux poèmes des Ethiopiques de Senghor, l’un « pour orgue, et tam-tam au loin », dit le poète, l’autre « pour flûtes d’orgue ».
 
Au début de l’œuvre, djembé solo joué par le récitant. Plus loin, cela deviendra un rythme dit en onomatopées, d’où ressortent, bien dissimulés, les mots : « Ave Maria » (« L’Ave Maria dans le soir, l’odeur des sapotilles dans le jour »).
Rapport aux modes d’apprentissage musicaux de ces pays (on prononce, on joue, on explique – tradition orale), qu’a certainement voulu la compositrice.
 
Les ouvrages :
 
Les références peuvent vous être communiquées ultérieurement.
 
                                 
                                                                                                
           /         
 Pour en savoir plus sur le récitant:  www.clement-riot.com
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Des Mots et des Orgues…                          
FICHE TECHNIQUE
 
Description :  
Ce concert fait appel à deux interprètes :
Clément Riot, récitant & Jean-Pierre Baston, organiste.
 
L’orgue utilisé doit comporter au moins deux claviers de 54 à 56 notes, pédalier de 30 notes.
L’une des œuvres suppose l’utilisation de deux gongs, d’un djembé, d’un tambour d’aisselle. Nous fournissons ces instruments.
 
Sonorisation :
La voix du récitant doit être sonorisée, de préférence par un professionnel. Nous fournissons un micro serre-tête de qualité professionnelle : un boîtier à antenne (que nous avons) est relié à votre table de mixage par un cable (que nous avons). Les « sonos » d’église sont généralement très moyennes… S’en méfier. Préférer une sonorisation indépendante. 

Des Mots et des Orgues... : tous droits réservés

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Lien ci-dessous : article paru dans une revue littéraire : La Licorne. Il comporte une interview de Clément Riot et moi-même sur cette aventure poético-musicale. Il est agrémenté de photos de Nadia El Hafidi (le regard d'une photographe sur l'orgue).

licorne3.pdf licorne3.pdf




PROGRAMMÉ DANS "TOULOUSE LES ORGUES" EN OCTOBRE 2013

 
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